1981 - 2021 : 40 ans de radio libre !
Avant 1981, radio et télévision sont sous monopole et tutelle de l’État, via son ministère de l’information. Les années 70, très marquées par le militantisme, la contre-culture et un désir de liberté d’expression, voient l’émergence de « radios pirates ». À l’approche des élections présidentielles de 81, la multiplication des opérations de démontage des émetteurs illégaux, suscite la désapprobation générale. Quelques mois après son arrivée au pouvoir, le président François Mitterrand promulgue la loi du 9 novembre 1981, prévoyant des dérogations au monopole d’État pour les radios locales. Les radios pirates deviennent libres ! Dans le département, on dénombre alors plus de 40 radios associatives, dont Radio Rive Droite.

Radio Rive Droite : de la caravane au château
A l’origine de la station, nous retrouvons une future figure de la rive droite (assistant parlementaire de Pierre Garmendia, directeur de cabinet de Conchita Lacuey), Jean-Jacques Bazus, décédé prématurément en 2003. Son épouse Sylvie évoque cette période: « En 1981, Jean-Jacques sortait du service militaire. Il avait rejoint Radio Bordeaux Centre où il a rencontré Gérard Murillo. L’année suivante, ils montaient ensemble Radio Artigues qui émettait depuis un jardin, dans une caravane ! »
« En avril 83, de la fusion avec Radio Tresses, est née Radio Rive Droite. La Maison pour tous leur a proposé de s’installer dans la cave du château Palmer. Cabine, studio, ils ont tout construit eux-mêmes. 66 animateurs et animatrices s’y succédaient 24h/24h, proposant de l’information locale, des émissions spécialisées art, cinéma, jazz, sport, des programmes en portugais, espagnol, italien, mais aussi pour les enfants le mercredi matin… La station était très écoutée : 46 000 auditeurs hebdomadaires, ce qui la plaçait en 9e position des radios locales, 16ème toutes radios confondues! Radio Rive Droite avait également un podium d’animation, présentait la Biche d’or, sonorisait des spectacles. C’était une radio bien vivante, diversifiée, installée dans le paysage local… »
Album photo Flickr : Radio Rive Droite au château Palmer (cliquez ou faîtes défiler les images à l'aide des flèches)
Album photo Flickr : Biche d'or 1984 (cliquez ou faîtes défiler les images à l'aide des flèches)
o2 radio : radio citoyenne de proximité
Article paru dans Tempo 39 (hiver 2017), pour les 20 ans de la radio :
Témoin de la première heure, Abdellah Ahabchane, directeur, se souvient : « La radio s'est constituée autour d'habitants, d'élus, de représentants associatifs, désireux de repenser l'image médiatique de la Rive Droite. Nous avons déposé un dossier au CSA pour l'attribution d'une fréquence. Résultat : en trois mois, il a fallu monter l'association, définir les statuts, acheter du matériel, concevoir une grille de programme... Nous avons démarré avec 10 000 Francs (1500 euros), dans un local prêté par le club de prévention l'AJHaG à Lormont Carriet. »
Espace de médiation
« Nous souhaitions donner la parole aux acteurs locaux. o2 radio s'est toujours définie comme une radio associative de proximité, attachée à des valeurs fortes : l'esprit démocratique, la pluralité d'opinion, la laïcité, la diversité culturelle », poursuit Abdellah Ahabchane. « A cette époque, le tram arrivait dans nos quartiers, les opérations de rénovation urbaine transformaient le paysage... En tant que média, nous accompagnions ce mouvement. » « Je me souviens d'échanges « musclés » entre les bailleurs, les politiques, les habitants », complète Jean-Christophe Blancand, animateur, chargé de communication et développement. « Quelque soit le sujet, nous créons les conditions du débat. Nous sommes un espace de médiation, qui traite de l'actualité et des problématiques relevées sur notre territoire. »
L'outil radio : un support pédagogue
Pour son économie, o2 radio en appelle aux dons, démarche les institutions, répond à des appels à projet. « Nous animons des ateliers et des formations », reprend Jean-Christophe Blancand. « Le support radio est un outil très pédagogue : on peut s'enregistrer, s'écouter, se corriger, s'améliorer. Pour l'auditeur, c'est un média d'oralité. Mais jamais un animateur ne s'aventurera sur l'antenne, sans avoir pensé au préalable, à un conducteur et à des questions. Concevoir une émission fait travailler les fondamentaux (l'écrit, l'oral), la dynamique de groupe, creuser une thématique. Les « Ondes du vivre ensemble » conçu pour le Fonds Européen d’Intégration, en partenariat avec L'écho des collines, reste une expérience marquante. En trois ans, nous avons formé plus de 300 primo-arrivants mineurs, aux us, coutumes et valeurs françaises. »
« Le volet formation vise l'autonomie. Les Francas nous ont demandé de former leurs animateurs, afin d'utiliser l'outil radio lors d'activités avec leur public. Nous avons aussi le cas d'organismes (la Maison de l'Europe Bordeaux Aquitaine ou l'ADAPT - Association pour l'insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées) dont l'objectif est la tenue d'une émission récurrente. »
50 émissions hebdomadaires conduites par des bénévoles
« En terme de programme, nous sommes une radio généraliste », rappelle Abdellah Ahabchane. « Côté musical, ça va du hip hop à l'accordéon ! Il en va de même pour l'information. Nous traitons aussi bien le sport que la politique, le culturel que les questions sociétales. » Depuis ses débuts, o2 radio ouvre son antenne du week-end, aux expressions et cultures du monde. Ces émissions dites en wolof, portugais, arabe traversent les continents et sont écoutées via le web, aux quatre coins du monde.
Étymologiquement, média vient du latin médium : « qui est au milieu, central ». o2 radio tient là tout son rôle : relier les êtres entre eux, offrir un juste reflet de la vie.

Mis à jour le 18 septembre 2026
