La Saraillère fête son histoire, ses habitants...

La ville de Cenon est très attachée aux fêtes de quartier car se sont des moments de convivialité, de rassemblement. La fête de la Saraillère prend cette année une teneur particulière parce que le quartier va vivre une étape de rénovation urbaine très attendue de la part des habitants. Confortablement assis sur le plateau mis en place pour une diffusion en direct de la fête, Aïcha, Claudine, Hervé, anciens locataires de la tour Watteau et actuellement relogés dans le quartier, sont devenus les vedettes du jour. Le conseil citoyen du Haut Cenon y était représenté par Maïté. Interviewés par Benoît Guillet, animateur de la Maison du Projet Palmer, ils ont, face à la caméra, fait des témoignages sur  l’« avant » et l’« après » de leur quartier.

habitants sur le plateau

Watteau, qui a 40 mètres, 136 logements, 500 fenêtres, est tout pour nous

Aïcha, 60 ans dans le quartier, est une des mémoires vivantes de la Saraillère. Et elle est très enthousiaste lors qu’elle raconte les vignes, les vaches, qu’elle y a connues. Après avoir évoqué l’évolution urbaine du quartier, elle s’est plu à rappeler ceci : « la plupart des femmes que vous voyez ici, je les ai connues quand elles étaient des enfants. Aujourd’hui, elles sont mères, grand-mère. Pour moi, le quartier, c’est comme une maison. Elle a terminé son intervention en répondant à un quizz de Benoît Guillet, l’animateur plateau du jour, sur le la longueur de la tour, le nombre d’appartement et de fenêtres.

aicha et claudine

Claudine, qui vit à la Saraillère depuis 37 ans, s’empare du micro et enchaîne : « Voir autant de monde à la fête c’est signe que les habitants concernés, nouveaux où anciens, sont attachés à leur quartier. La preuve : mon ancienne voisine de la tour qui a 90 ans aujourd’hui a tenu à être présente. Nous avons un lien avec la tour et nous prendrons vraiment conscience de sa déconstruction lorsque débutera le démontage des fenêtres. »

DAME 90 ANS ET CLUDINE

Je dois ma « reconstruction sociale » à Antoine Watteau

Arrivé dans la tour en 2011, Hervé lui, exprime plus son attachement à la tour qu’au quartier lui-même. « Moi, je suis plus accroché à la tour Watteau, qui a contribué à ma « reconstruction sociale », qu’au quartier. Grâce à elle j’y ai eu des connaissances, mes voisins locataires, que je fréquente encore. Le lien que j’y ai retrouvé était très fort. », dixit Hervé. 
 

La fête, c’est aussi un moment de souvenir...

Le Maire Jean-François EGRON est revenu, lors de sa prise de parole sur la fête comme marqueur des retrouvailles annuelles des habitants. « L’objet de cette soirée c’est voir aussi les photos d’hier, d’aujourd’hui et de ce que va être demain avec les changements fondamentaux.  La fête c’est aussi un moment de souvenir…Il faut faire son deuil mais de façon joyeuse… Le renouvellement urbain est très attendu… C’est pourquoi nous avons investi pour qu’il y ait un confort thermique, l'amélioration du chauffage et du système de ventilation, phonique, des espaces verts, de la résidentialisation. Avec un partenariat dynamique liant Mésolia, le CCAS, Bordeaux Métropole et la ville il y aura la construction de quelques logements destinés aux personnes à mobilité réduite. Ainsi, Cenon devient la première ville à bénéficier de ce type de dispositif.

KUNDR MAIRE DE CENON
La fête, un espace d’information sur le Projet du renouvellement urbain de la Saraillère

Le bailleur, Mésolia, a animé un stand d’information sur les aménagements devant être faits dans le quartier, dans les appartements. Christine Maunier, Directrice adjointe en charge de la gestion locative et du relogement des habitants a rencontré des locataires pour échanger sur les futures transformations de leur lieu de vie, de leur quartier.

Maunier et les habitants
  Exposition sur les habitants du quartier La Saraillère

enfant regardant l'exposition

Carnets de quartier fabriqués avec les habitants

Au cours du direct, le Maire a remis, en main propre, les carnets du quartier de la Saraillère aux habitants qui ont participé à sa co-fabrication.

CARNET DE QUARTIER

Où serons-nous au moment de la démolition des appartement de la rue du 10 mai 1945 ?

Installé à l’écart des stands associatifs, mais à côté des jeux gonflables de Drop de Béton, le studio vidéo nomade a accueilli Marina,   Nathalie logées à l’entrée 8 de la rue du  8 mai 1945. Avant de vivre la démolition des 38 appartements qui sont juste à l’entrée suivante, elles ont accepté de partager leurs pressentiments, leurs questionnements, leurs attentes…

Je pose avec Watteau avant sa démolition

Sur le temps de la fête, les habitants ont posé avec la tour en arrière plan. Pour certains, cet immeuble fait partie de leur histoire, de leur vécu et il a déterminé leur trajectoire résidentielle… Ils tenaient donc, pour la mémoire et les souvenirs de Watteau, se construire des images et exprimer leurs récits…

WATTEAU ET MOI

L'adhésion des habitants à l'action "je pose avec Watteau" se justifie par le fait qu'ils veulent être acteurs dans la fabrication de la mémoire du quartier pour les générations à venir. Les traces qu'ils laissent peuvent être perçus comme des "connecteurs" entre le temps présent qu'ils vivent et les futurs résidents du quartier.

Watteau et moi

 

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