"50 mètres"… version 60 images seconde
L'Agence de Géographie Affective posant à Cenon, en contrebas du parc Palmer

 

« 50 mètres, la légende provisoire » : un concept artistique modulable...

Par son travail artistique combinant théâtre de rue et médiation, l’Agence de Géographie Affective s’attache à « Comment raconter l’espace public ? Comment raconter dans l’espace public ? Comment tracer ce lien invisible et réciproque entre l’humain et le lieu, la fiction et la réalité ? » 50 mètres est l’espace moyen accordé par les parents à leurs enfants, pour évoluer seul, librement… Ca semble peu, et pourtant, il peut s’en produire des histoires, des émotions, des interrogations dans un si petit périmètre… A travers ce quotidien raconté par les enfants, la troupe tricote un spectacle déambulatoire, joué in situ, avec la complicité des héros des lieux… 

Séduits par le concept, les services culture des voisines Cenon, Floirac, Lormont y ont vu matière à une programmation partagée, à un projet pédagogique intercommunal. 

Y sont impliqués la CM2 de Jules Guesde, le conseil municipal des enfants de Lormont, la CM2 de Louis Aragon de Floirac ; la troupe travaillant avec chacun des groupes, pour écrire une « légende provisoire » adaptée à son quartier. En complément, des rendez-vous intercommunaux sont organisés, les enfants visitant une ville voisine et/ou assistant à une répétition générale.

La classe de CM2 de Jules Guesde et l'enseignante Lucille Breillard

A Cenon, le travail préparatoire a tenu en haleine les CM2 de Jules Guesde toute l’année scolaire. Et ce, avant même la rentrée, puisque le 5 juillet, le conseil municipal des enfants de Lormont les guidaient dans les rues historiques de la ville. 

​​​​Visite du vieux Lormont

​​​​Visite du vieux Lormont

Lucille Beillard, une enseignante tout aussi enthousiaste que ses élèves...

"J’ai été sensible aux observations avancées par L’Agence de Géographie Affective concernant la diminution d’espace et de liberté dont jouissent les enfants", témoigne l'enseignante. "Nous sommes passés graduellement de 7 km à 5km, jusqu’à 50 mètres à présent. Ca m'a paru intéressant d’entendre les élèves parler de leur environnement proche, savoir comment ils évoluent dans leur quartier, avec quel ressenti, quelles pratiques, quelles émotions…" 

dans le périmètre des 50 mètres se trouvent les résidences aux abords de l'école

"Parmi nos « devoirs préparatoires », il y avait la présentation du quartier à la troupe. J’ai donc accompagné les enfants en repérage. Je les ai laissés me guider dans ce quartier que je ne connaissais pas, étant originaire de La Rochelle. Et ils me l’ont présenté avec toutes leurs émotions : des endroits qui leur font peur (le parking hanté avec ces portes qui s’ouvrent toutes seules..), d’autres qui les font rire, où ils se retrouvent… De la boulangerie d’où s’échappent les bonnes odeurs, en passant par le coiffeur, la gare, jusqu’au château du diable, situé hors périmètre, mais qu’ils fréquentent régulièrement en famille."

La Mairie, un bâtiment bien identifié par les enfants...
Toute l'année, le travail en classe a tourné autour du projet.

"On y a rattaché la géographie, la production d’écrits, nous avons effectué des recherches historiques à partir du site Internet de la ville : la Mairie, les emblèmes de la ville, la biche, la Garonne, Napoléon qui a dormi à Cenon… Parmi toute cette production, il nous a fallu faire des choix car nous n’avions que deux heures pour faire visiter le quartier aux « agents » de la troupe. Nous avons également fait un peu de théâtre, travaillé les positions de spectateur / acteur, la prise de parole en groupe, mais aussi dans la rue, à la gare avec les trains qui passent..."

Chez L'Agence de Géographie Affective, on aime bien aussi l'escalade et les acrobaties...

Quelques semaines plus tard, la troupe est revenue à l'école présenter sa "légende provisoire" écrite en tenant compte des réflexions des enfants : le parking hanté, Napoléon, la boulangerie qui sent bon depuis l’école…Tout était prêt pour les répétitions débouchant sur la représentation finale, quand est survenu le confinement...

Une grande aventure collective qui ne pouvait en rester là !

"Ca a été une grande aventure collective, un grand projet qui m’a également aidée en tant qu’enseignante à lâcher prise", poursuit Lucille Beillard. "Il faut leur lâcher un peu la main aux enfants, les laisser nous montrer de quoi ils sont capables... Le théâtre s'y prête bien. Et ne connaissant pas le quartier, je ne pouvais de toute façon pas faire autrement que de me laisser guider. Ca a été une belle expérience autant pour eux, que pour moi..."  Il était donc impensable d'en rester là ! Pas après tout cet investissement de la part des élèves.

Le confinement levé, l'école reprenant, L’Agence de Géographie Affective a l'idée d'adapter la pièce en court-métrage et d'y inclure des apparitions furtives des enfants. Furtives, car les gestes barrières, la limitation du nombre de personnes dans les écoles, empêchent un tournage à l'intérieur de Jules Guesde. C'est donc à distance, de part et d'autre du grillage, que l'Agence et les écoliers ont mis en boîte quelques scènes... 

Tournage à distance devant l'école Jules Guesde

Tournage à distance devant l'école Jules Guesde

Tournage à distance devant l'école Jules Guesde

Tournage à distance devant l'école Jules Guesde

Deux jours plus tard, le 2 juillet, veille de la fin de l'année scolaire, les CM2 assistaient à l'Espace Simone Signoret à la projection d'un film destiné à eux seuls, L’Agence de Géographie Affective ne souhaitant pas diffuser cette alternative auprès d'un large public...

Parions que ce projet figurera longtemps, dans leurs bons et beaux souvenirs d'école...
Jeudi 2 juillet, projection privée à l'Espace Simone Signoret

 

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