La Blancherie : Une plaine des sports & un parc industriel

Pour freiner la crise du logement des années 50, une ZUP (zone à urbaniser en priorité) reliant les communes de Cenon, Floirac et Lormont est créée par arrêté du Ministère de l’Equipement en date du 30 juillet 1960. Le projet prévoit pour les trois communes, la construction de 17 100 logements et les équipements nécessaires. 

ZUP alors !

Concernant Cenon, la ZUP s’étend sur 205 hectares, des quartiers de Palmer jusqu’à la Marègue jouxtant Artigues. Elle permet la réalisation de 5000 logements accueillant plus de 12 000 Cenonnais. Cette action menée par le Maire René Cassagne est complétée par la décision de créer une zone industrielle pour « procurer du travail à bon nombre d’habitants de la zone à urbaniser en priorité », stipulait l’édile. Mais pour cela, il faut un terrain vaste et bien desservi. Un bien indisponible sur la commune...

maquette de la ZUP parue dans le journal municipal annuel de 1965

 
A la lisière de la ville, sur le territoire de la commune d’Artigues-près-Bordeaux, se trouve une propriété d’une superficie d’environ 55 hectares. Ce domaine quasi à l’abandon, appartient aux consorts Foucaud-Gautronneau. Il se compose alors d’une maison de maîtres, de logements de domestiques, de bâtiments et terrains agricoles. Son prix de vente est de 450 000 nouveaux francs. Fortement intéressée par ce terrain qui pourrait devenir une extension du territoire cenonnais, la municipalité juge la valeur des terrains surestimée, du fait de leur nature agricole. La négociation aboutit sur un prix d’achat de 320 000 nouveaux francs.

La Blancherie vue du ciel

L’acte est signé le 10 avril 1961. La propriété artiguaise, La Blancherie au lieu-dit Maison neuve, devient cenonnaise et va faciliter l’implantation d’une multitude d’entreprises. En 1965, la totalité des terrains est vendue et 23 entreprises sont installées ou en voie d’installation. Les laboratoires Gueyne sont les premiers à ouvrir leurs portes et embauchent de la main d’œuvre en grande partie féminine. Les bureaux de l’APAVE ouvrent en avril 1965 et sont toujours sur site aujourd’hui.

extrait du bulletin municipal de 1965

extraits du bulletin municipal de 1965

Structurer et fédérer le monde sportif cenonnais

Parallèlement, dès son élection en août 1948, René Cassagne s’attèle au développement de la pratique sportive. Conscient de l’attractivité de la ville engendrant une augmentation de la population, il s’évertue à structurer le monde sportif. 
En 1962, les clubs sportifs se fédèrent sous la bannière de l’USCRD (Union Sportive Cenon Rive Droite) dont les statuts prévoient de « développer les forces physiques du corps par un travail rationnel et varié dans la pratique des exercices physiques ». Désignée lieu d’apprentissage, 5 hectares de La Blancherie sont transformés en Plaine de jeux.

qui dit pelouse dit tonte !terrain synthétique

Les premiers terrains de football et de rugby sont aménagés en 1963. Disciplines phares, les sections Football Cenon Sport, Etoile Cenonnaise et Plaisance Sport sont d’ailleurs les piliers du club omnisport. 
La Plaine sera témoin de rencontres sportives éclatantes et recevra la coupe René Cassagne, des tournois à échelle nationale et internationale, ou la visite à plusieurs reprises de Michel Hidalgo et de joueurs des Girondins venus entrainer les jeunes Cenonnais…

Visite des Girondins de Bordeaux Lacombe et Rohr en 1987

La Blancherie plonge dans le grand bain

La décision de doter Cenon d’une piscine couverte de 25m est prise en 1967. Les travaux de terrassement débutent en 1968, pour s’achever en juin 1970. Nouveau Maire de Cenon, René Bonnac inaugure l’équipement, insistant sur « l’opportunité offerte aux petits Cenonnais d’apprendre à nager durant leur scolarité. » Quant au visiteur, il débourse 3.00 F pour un bain et 4.00 F pour une leçon de natation.

Dans la foulée, la section natation de l’USCRD voit le jour. Ses activités débutent à la saison 1970-1971 sous la présidence de Monsieur Prevoteau, maître-nageur et gestionnaire de la piscine. Le club propose alors deux disciplines : la natation de loisir accessible à tous, synonyme de détente et de jeux d’eau, et la natation sportive. Cette discipline nécessite volonté et persévérance, avec la maîtrise de deux nages au minimum et des entrainements assidus. Sur les plots, on dénombre 50 licenciés la première année. 

téléthon nage

téléthon nage

En 1973, c’est au tour de la section subaquatique de se constituer. Ce sport en est alors à ses balbutiements en France. Pendant la saison hivernale, les entrainements du jeudi soir préparent aux brevets fédéraux élémentaires et au brevet du premier échelon sous la conduite d’un moniteur national. Aux beaux jours, direction le bassin d’Arcachon, voire Banyuls ! La section compte une soixantaine d’adhérents en 1978 et est dotée de 20 scaphandres autonomes dans les années 1980. 

Aquafolies 2004

Aquafolies 2004

Puis la piscine boit la tasse... 

Juillet 1994, débutent des travaux de réhabilitation. La fermeture de l’équipement durera cinq ans, des malfaçons entrainant une lourde procédure judiciaire. Le 2 octobre 1999, le nouvel espace rouvre enfin au public ! Doté d’une luminosité et d’une isolation bien meilleures, la création d’un petit bassin et les aménagements extérieurs font le bonheur de tous.

travaux de réhabilitation du bassinextérieurs piscineInauguration du 2.10.1999

Quand apparaît un sinistre à l’été 2016. « Plusieurs expertises se succèdent pour en diagnostiquer précisément les causes et évaluer les travaux à réaliser. D’après les éléments fournis, le coût d’une rénovation serait très important. La ville préfère réfléchir à la construction d’un nouvel équipement. « Le 15 mars 2017, le Conseil municipal a voté une délibération pour déclasser la piscine du domaine public de la Ville du fait de sa désaffectation à l’usage du public », lit-on dans Tempo 36.

Dans quelques mois, foot et natation se pratiqueront au Loret…
 

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